L'Olympique Lyonnais continue de se muscler
CHRISTOPHE PALIERSE Le 03/07 à 06:00
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Le stade Olympique Lyonnais à Décines-Charpieu, dans la banlieue nord-est de Lyon. - Photo Robert Grahn/AFP
Le club de football s'est refinancé et négocie le « naming » de son grand stade avec Groupama.
Alors qu'il vient de fêter ses trente ans à la tête de l'Olympique Lyonnais (OL), Jean-Michel Aulas se donne les moyens d'aller toujours plus de l'avant. Et ce n'est pas qu'une question de recrutement de joueurs, quand bien même le très médiatique patron de l'OL, septuple champion de France de L1 - saisons 2001-2002 à 2007-2008 - semble, à nouveau, actif en la matière.
Un an et demi après l'inauguration de son grand stade de Décines-Charpieu dans la banlieue nord-est de Lyon, qui a totalement transformé son modèle économique, OL Groupe, l'entité juridique portant le club, vient ainsi de finaliser le refinancement de la quasi-totalité de ses dettes bancaires et obligataires, disposant d'un nouveau financement d'un montant de 260 millions d'euros. Composé d'un contrat de crédit bancaire (209 millions) et d'une émission obligataire (51 millions, à échéance de 7 ans), il devrait permettre à la société de réduire ses frais financiers de l'ordre de 7 millions par an dès l'exercice 2017-2018, entamé ce 1er juillet.
En outre, Jean-Michel Aulas est, enfin, en passe de boucler le dossier « naming » de son stade avec l'ouverture, jeudi dernier, et jusqu'au 20 juillet inclus, d'une « négociation exclusive » avec Groupama Rhône-Alpes Auvergne. Les protagonistes pourraient s'acheminer vers un accord inédit, cette caisse régionale du groupe mutualiste étant déjà le partenaire de l'OL pour le nommage de ses nouveaux centre de formation (Groupama OL Academy) et centre d'entraînement (Groupama OL Training Center).
Vers la construction d'un grand club européen
On notera au passage que Groupama, par ailleurs « mouillé » dans la voile au côté de Franck Cammas (depuis 1997, la Coupe de l'America étant leur dernier défi), confirme l'engagement des assureurs dans le « naming » des stades. Déjà détenteur des droits du Ferencvàrosi Torna Club de Budapest, lequel joue dans le Groupama Aréna depuis août 2014, il rejoindrait dans l'Hexagone un club réunissant MMA, Allianz et la Matmut. « La France était en retard mais, à l'exception de Lille Métropole, où un choix politique a été fait [Stade Pierre Mauroy, NDLR], la pratique du "naming" s'est finalement étendue là où c'était possible », souligne par ailleurs le directeur commercial de Lagardère Sports, Xavier Oddone. S'agissant de l'OL, un accord avec Groupama serait une pierre de plus à la construction d'un grand club européen, à laquelle s'est attelé Jean-Michel Aulas. Ce dernier compte, entre autres, faire revenir à Lyon son ancienne star et milieu de terrain brésilien Juninho en tant que directeur sportif. Un poste clef.
A soixante-huit ans, le président Aulas, premier actionnaire de OL Groupe (27,8 % du capital et 31,58 % des droits de vote) pense aussi à sa succession. Dans un entretien accordé vendredi à l'AFP, il qualifie ainsi de « bonne hypothèse » l'éventuelle désignation, un jour, de Thomas Riboud-Seydoux, administrateur représentant Pathé (deuxième actionnaire, 23,81 %), si celui-ci « le souhaite à ce moment ». « C'est l'une des hypothèses envisagées », précise-t-il. Dans l'immédiat, le PDG d'OL Groupe a aussi beaucoup à faire avec son partenaire chinois IDG (20 % du capital).
Christophe Palierse, Les Echos