Stade Bollaert Euro 2016




Le Stade Félix-Bollaert (prononcer /feˈliks bolaʁt/) est le principal stade de football de Lens, ville du Pas-de-Calais. Construit de 1932 à 1934, il est la résidence du Racing Club de Lens depuis son ouverture. Depuis 2008, le stade peut accueillir 41 229 spectateurs, pour une ville de 36 728 habitants, mais pour une aire urbaine de plus de 550 000 habitants.
Il s'agit du cinquième plus grand stade français en nombre de places assises, derrière le Stade de France de Saint-Denis, le Stade Vélodrome de Marseille, le Parc des Princes de Paris et le Stade de Gerland de Lyon.
Le stade doit son nom au directeur commercial de la Compagnie des mines de Lens qui, soucieux de favoriser le développement des clubs sportifs de la région, en décida la construction en 1931.
Historique
Le contexte amenant vers un nouveau stade à Lens
Depuis 1920, le Racing Club de Lens se développe à toute vitesse. Avec ses nouveaux joueurs venus de Pologne pour travailler à la mine et après la naissance de son premier club de supporters, le Supporters Club Lensois, le Racing connaît ses premiers succès. En effet, il remporte le championnat d'Artois, puis la Promotion d'Honneur quelques années plus tard, et intègre donc la Division d'Honneur, en 1929. Le club reçoit aussi ses premières subventions de la part de la ville de Lens, qui s’intéresse de plus en plus à son équipe de football. Elles lui permettent alors de gérer les déplacements dans les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, le stade municipal Raoul-Briquet lui étant loué gratuitement.
Cependant, la Compagnie des mines locale, plus puissante de France à l'époque, décide le 6 novembre 1929 d'acheter une parcelle de terrain en friche entre deux fosses afin d'y construire un nouveau stade, conforme à ses nouvelles ambitions.
1932-1933 : un an et demi de construction
À partir de 1932, la construction du stade commence. Cette réalisation est établie selon les plans de l'ingénieur en chef des travaux du jour de la Société des Mines[4], Auguste Hanicotte. Confiée à plusieurs centaines de chômeurs qui s'activent durant des mois sur un terrain longeant la ligne ferroviaire Paris-Dunkerque et déplacent plus de quatre-vingt mille mètres cubes de terre, elle est menée par Gustave Spriet, ingénieur et chef du service des constructions, mais aussi membre de la famille d'un ancien maire lensois du siècle précédent, Henri Spriet. En janvier 1933, au cours des nouveaux terrassements du stade, les ouvriers découvrent deux gros obus et vingt-deux grenades non éclatés[5]. En avril, le député maire de l'époque, Alfred Maës, annonce à toutes les associations présentes la future inauguration du stade, fixée au dimanche 21 mai 1933[5].
À l'approche de la date finale, le comité d'organisation convie au début du mois de mai 1933 des dizaines de sociétés, mais également les champions olympiques de l'École de Joinville, qui préparent huit tableaux sportifs, comme le saut en hauteur ou le lancer du disque[5]. Des centaines de mineurs polonais étant présents lors de cette fête, les organisateurs décident de jouer en début de cérémonie les hymnes nationaux français et polonais[5].
Le 18 juin 1933, et sous l'initiative de Félix Bollaert, le président du Conseil d'administration des mines, le nouveau stade est inauguré sportivement devant quelques milliers de personnes, venues se presser pour un tel évènement[6]. À la mort de celui-ci, en 1936, son nom est donné fort logiquement à l'enceinte.
L'évolution du stade
Jusqu'en 1980
En 1937, le RC Lens accède pour la première fois de son histoire à l'élite du football français. Ce stade de forme ovale, construit et entretenu par des mineurs, et animé par eux les jours de match, fait déjà la fierté de la ville et acquiert une belle réputation. En 1954, l'éclairage permet de disputer des matches en nocturne. Mais en même temps que les mines, le club et le stade sont en déclin lors des années 1960. La mairie qui a pris en main la destinée du club hérite également du stade, qui montre des signes de vétusté.
Avec l'Euro 1984
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Bollaert change totalement de visage pour devenir un stade carré, l'un des plus modernes en France. Lens accueille en effet la Coupe UEFA pour la première fois en 1977, et deux rencontres du Championnat d'Europe des nations en 1984 (Belgique-Yougoslavie et RFA-Roumanie). Le stade atteint alors sa capacité maximale, soit 51 098 places. Le 15 février 1992, le record de spectateurs pour un match de Division 1 est battu, avec 48 912 personnes venues voir Lens - Marseille.
Bollaert accueille la coupe du monde
De nouveaux travaux sont lancés pour 1998 afin que le stade puisse accueillir des matchs de la Coupe du Monde. Les installations du stade se modernisent encore (vestiaires, sécurité, équipements en télécommunications, loges ...). Conformément aux nouvelles normes de sécurité, Bollaert perd sa dernière tribune debout, la Marek. Le nombre de places se réduit à 41 649 (puis à 41 233 en 2004).
Six matches du tournoi s'y déroulent dont le huitième de finale France-Paraguay:
* 12 juin 1998 : Arabie Saoudite-Danemark (0-1)
* 14 juin 1998 : Jamaïque-Croatie (1-3)
* 21 juin 1998 : Allemagne-Yougoslavie (2-2)
* 24 juin 1998 : Espagne-Bulgarie (6-1)
* 26 juin 1998 : Colombie-Angleterre (0-2)
* 28 juin 1998 : France-Paraguay (1/8 finale, 1-0ap)
Par la suite, le terrain a été agrandi afin d'accueillir la Coupe du monde de rugby de 1999 (match de barrage entre l'Argentine et l'Irlande). Il a également accueilli trois matches de la Coupe du monde de rugby de 2007 (Angleterre-États-Unis, Afrique du Sud-Tonga et Géorgie-Namibie).
Le prix des places et des abonnements se situe dans les plus bas de France, en particulier pour les tribunes populaires, souhait de Gervais Martel, président du club. En août 2007, les grilles du stade sont abaissées à 120 cm, ce qui augmente la visibilité mais surtout rapproche le public des joueurs. En 2008, sa capacité baisse de 4 places, et atteint désormais le chiffre de 41 229.
Le 9 juin 2009, Bollaert accueille son premier concert géant, avec la venue de Johnny Hallyday pour son Tour 66.
Projet d’agrandissement pour l'Euro 2016
La France a été élue pays organisateur de l'Euro 2016. Le stade Bollaert sera ainsi rénové dans le but de le voir figurer parmi les neuf stades titulaires pour le déroulement de la compétition. Concernant la tribune Marek, l’arrière sera reculé de 15 mètres, c’est dire si elle sera agrandie ! Elle sera également élargie puisqu’elle touchera la Delacourt et la Trannin. Sa capacité passera de 8 000 à 14 000 places et le kop pourra accueillir 6 000 personnes[7]. D'autres parties devraient aussi bénéficier d'améliorations. Le toit sera agrandi afin de mieux protéger les spectateurs et s'étendra jusqu'aux lignes de touche. Le toit rétractable a été retiré du projet car il aurait engendré un surcoût de 20 millions d’euros[8]. D'autres sources révèlent que les angles pourraient être fermés augmentant encore la capacité de l'enceinte et d'autres aménagements en lien avec l'ouverture du Louvre-Lens pourraient se faire.
Le permis de construire est déposé mi-mars 2011[9]. Après un an de procédure administrative, les travaux devraient pouvoir commencer. Le nouveau stade devrait être livré fin 2013 ou au plus tard début 2014. Le coût de la rénovation frôlera les 111 millions d'euros. Le cabinet toulousain Cardete et Huet, associé à Pierre Ferret (architecte déjà demandé pour le Grand stade Lille Métropole), a été choisi en décembre 2007 par le RC Lens pour la réfection du Stade Bollaert.
Le stade Félix-Bollaert pourrait également changer de nom en adoptant le naming, pratique qui consiste à louer le nom du stade à un sponsor comme en Angleterre ou en Allemagne. Cependant, rien n'est prévu pour l'instant d'après le président Gervais Martel.
Bollaert et l'équipe de France
Depuis 1976 et après huit matches, les Bleus sont toujours invaincus au stade Bollaert[10],[11]. Étant assez rares dans le Nord-Pas-de-Calais, l'ambiance au stade lors des matches des Français y est toujours festive et chaleureuse, bien plus qu'au stade de France selon les joueurs[12],[13].
Matchs non amicaux :
* France - Paraguay, 1-0 (a.p.), le 28 juin 1998 - 1/8ème de finale de la coupe du monde 1998
* France - Malte : 6-0 le samedi 29 mars 2003 - Match éliminatoire de l'euro 2004
40 775 spectateurs.
Arbitre de la rencontre : M. Bozinovski (MAC).
Buts : Sylvain Wiltord (37e), Thierry Henry (39e, 54e), Zinedine Zidane (57e s.p.), 80e), David Trezeguet (71e).
* France - Îles Féroé : 3-0 le samedi 3 septembre 2005 - Match éliminatoire de la coupe du monde 2006
40 126 spectateurs.
Arbitre de la rencontre: M. Jara (RTC).
Buts : Djibril Cissé (13eme et 76eme) et S. Olsen (18eme, csc).
Matchs amicaux :
* France - Pologne : 2-0 le 24 avril 1976.
14 190 spectateurs;
Arbitre : M. Biwersi (RFA)
Buts : Pintenat (12e) et P. Revelli (63e).
A noter la présence dans l'équipe de France de Bousdira Farès alors Sang & Or lors de ce match (entrée en jeu à la 56ème minute).
* France - Pays-Bas : 1-1 le 5 juin 1992.
40 000 spectateurs environ.
Arbitre de la rencontre : M. Weber (ALL)
Buts : pour la France, Jean-Pierre Papin (12e); pour les Pays-Bas, Roy (18e)
* France - Afrique du Sud : 2-1 le 11 octobre 1997.
30 000 spectateurs environ; Arbitre : M. Philippi (LUX)
Buts : pour l'Afrique du Sud , Bartlett (40e); pour la France, Guivarc'h (53e) et Ba (83e).
* France - Danemark : 2-0 le 31 mai 2006.
40 000 spectateurs environ.
Arbitre de la rencontre: M. Alan Kelly (IRL)
Buts : pour la France, Thierry Henry (13e) et Sylvain Wiltord (76e s.p.).
* France - Costa Rica : 2-1 le 26 mai 2010.
40 000 spectateurs environ.
Arbitre de la rencontre: M. Vladislav Bezborodov (RUS)
Buts : pour le Costa Rica, Hernandez (12e); pour la France, Sequeira (23e c.s.c) et Valbuena (83e).
L'équipe de France reste invaincue lors d'une rencontre au Stade Bollaert. L'ambiance et le soutien des spectateurs ont souvent été mis en avant par l'équipe de France, Thierry Henry a par exemple salué, félicité les supporters lensois pour leur encouragements tout au long du match et a été rendre visite à la réserve du Racing Club de Lens.
Structure et équipements
L’architecture
Bollaert est disposé « à l'anglaise » avec quatre tribunes séparées, dédiées respectivement à :
* Henri Trannin, gardien de but au club à 18 ans, directeur sportif du RCL de 1952 à 1956, décédé en juillet 1974 ; cette tribune fut inaugurée le 4 décembre 1976 ;
* Tony Marek, ancien joueur et entraîneur du Racing et Xercès Louis, international dans les années cinquante ;
* Élie Delacourt, ancien président des supporters ;
* Max Lepagnot, ancien dirigeant et président du district d'Artois.
Le stade porte à la fois les marques de son histoire, et de la rénovation entreprise à l'occasion de la Coupe du monde de football. Toutes les places sont assises, mais les supporteurs les occupent pourtant debout dans la partie centrale de la Marek. La Marek, tribune latérale populaire, considérée comme le cœur du « kop » lensois, est d'ailleurs l'une des particularités de ce stade. Dans de nombreux stades, les supporteurs les plus fervents se placent derrière les buts. Enfin, les supporters lensois reçoivent régulièrement le titre honorifique de « meilleur public de France ».
Tribunes
Tribune Trannin
La tribune Henri Trannin, située à gauche des bancs de touche, est la première grande tribune construite en 1977 en lieu et place du virage ouest. À l'occasion de la Coupe du monde 1998, elle est totalement reconstruite, passant de 12 000 places debout à 12 226 places assises réparties sur trois niveaux. La capacité est ramenée à 12 178 en juillet 2008.
Sa forme en biseau est due au passage de la voie ferrée Arras - Dunkerque. C'est au premier niveau, du coté de la tribune Lepagnot, que les supporters adverses prennent place, disposant de tout le niveau en cas de gros déplacement.
Tribune Delacourt
La tribune Elie Delacourt fait face à la Trannin. Son architecture est semblable.
Reconstruite en 1996, elle peut accueillir 12 526 spectateurs, ce qui en fait la plus grande tribune du stade. Grâce à l'abaissement des grilles en 2004, la capacité a pu être amenée à 12 577 places. Mais avant le championnat d'Europe des Nations en 1984, elle pouvait accueillir 20 000 places debout.
Depuis 2004, elle héberge les services administratifs du stade.
Tribune Lepagnot
La tribune Max Lepagnot fut dans un premier temps agrandie à l'occasion du championnat d'Europe des Nations de 1984. Puis totalement reconstruite pour la Coupe du monde de 1998.
Cette tribune latérale peut accueillir 7 980 spectateurs en place assises réparties sur trois niveaux. La Lepagnot première occupe la partie basse. La Lepagnot Honneurs et Présidentielles s'étendent sur les deux autres niveaux. Entre la Lepagnot 1re et le premier niveau, se trouvent deux niveaux intermédiaires : Privilège et Prestige réservés aux partenaires du club.
Cette tribune abrite aussi les vestiaires, tribunes de presses, installations sportives et de soins ainsi que des salons.
Tribunes Marek - Xercès
Les tribunes Tony Marek et Xercès Louis formant chacune deux niveaux, sont situées face à Lepagnot.
En 1978, elles furent reconstruites en lieu et place des anciennes secondes. Les parties hautes et basses pouvaient accueillir respectivement 5 000 spectateurs assis et 10 000 debouts.
Des supporters persistent à les appeler encore par leurs anciens noms : tribune panoramique pour la Xercès et seconde pour la Marek. Après la rénovation dû à la Coupe du monde de 1998, cette tribune permet une capacité de 8 494 places assises. Cette tribune a la particularité, pour une latérale, d'accueillir le célèbre Kop lensois.
Source : Wikipedia

2009-08-15 par Giåm

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